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Ma grande traversée – Le Canada à vélo, première partie

9 juillet 2018 | Par Laurence Williams
À ne pas manquerPorteur d'espoir

Récipiendaire du prix Porteur d’espoir 2017 du Jour de la Terre, QuébecorMAtv, en collaboration avec ENvironnement JEUnesse, Laurence vous emmène dans les coulisses de ses aventures écolo, de ses réflexions et de ses projets pour améliorer le sort du monde ! Au rythme d’expériences et de voyages, elle cultive l’espoir que de nombreux projets novateurs existent et que de faire une différence dans sa communauté est possible ! Elle tentera de vous partager quelques idées qui construisent son quotidien, afin de peut-être inspirer la création d’autres d’initiatives vertes et porteuses d’espoir…


C’est lorsque j’avais 12 ans et que j’ai participé à l’événement “ la petite aventure” de vélo Québec avec mes parents que j’ai eu la piqûre du cyclotourisme. Déjà à cet âge, j’aimais l’équilibre trouvé entre la dépense énergétique et le sentiment de voyager différemment que procure le cyclotourisme. C’est à ce moment que je me suis promis à moi-même que lorsque j’aurai 25 ans, je traverserai le Canada à vélo.

Nous voilà en 2018, le quart de siècle a sonné, et je me suis lancée dans cette aventure de taille : traverser le Canada à vélo ! Notre périple d’environ 5000 km se déroulera sur un peu plus de 2 mois !

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De nombreuses raisons m’ont poussée à me lancer dans cette aventure. Premièrement, ayant passé l’année dans l’Ouest canadien pour un contrat de travail avec le programme Odyssée, je devais trouver une façon de revenir vers l’est du Pays. Pour limiter ma consommation d’énergies fossiles, j’avais d’abord fait la traversée en train au début du mois  d’octobre, grâce au crédit-voyage de VIA Rail reçu avec la bourse que j’ai reçue en tant que Porteur d’espoir 2017. Toujours dans l’esprit de limiter mon empreinte carbone, le projet de revenir au Québec à vélo prenait tout son sens !

Le cyclotourisme, un mode de vie !

Voyager à vélo est extraordinaire pour de nombreuses raisons. Premièrement, il s’agit bien sûr d’un moyen écologique de voyager, puisque notre unique moteur repose sur nos muscles et notre capacité physique !

Deuxièmement, être à vélo suscite souvent la curiosité des gens, et nous permet de faire de nombreuses rencontres qui ne seraient probablement jamais arrivées dans d’autres circonstances. Par exemple, lorsque nous arrivons dans un village pour y passer la nuit, les gens viennent naturellement à notre rencontre, nous posent des questions, et la discussion se termine souvent en une invitation à partager un repas ou à camper dans leur cour arrière !

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Aussi, nous utilisons beaucoup le site internet Warmshowers, qui est une plateforme en ligne pour les cyclistes en voyage qui recherchent un lieu pour camper pour la nuit. Ce site regroupe donc une communauté de cyclistes partout dans le monde qui ouvre bien grandes ses portes à ses compatriotes, en leur offrant de faire du lavage, de prendre une douche, de partager un repas, à leur discrétion. Il s’agit d’un concept de consommation collaborative, soit de partager les ressources disponibles et d’encourager une économie différente, finalement de partager plutôt qu’acheter.

Bref, toutes ces rencontres faites notamment par l’entremise de ce site web font partie intégrante de notre périple et concrétisent le concept de “ voyage à échelle humaine “ ; La carte du Canada devient vivante, puisqu’on associe maintenant des visages à chaque ville, province et région traversée.

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Aussi, voyager à vélo nous oblige forcément à expérimenter le minimalisme. En roulant, j’ai souvent cet extrait d’une chanson de camp qui me revient en tête « tout ce que t’as tu le traînes sur toi ! », et qui prend tout son sens ! On se rend bien vite compte que chaque objet doit avoir une utilité afin qu’on soit motivées à les transporter à vélo à travers les montagnes Rocheuses ! Et des côtes, on en a monté ! Notamment sur la route entre Pemberton et Lillooet en Colombie-Britannique, où nous avons monté la plus longue côte de notre vie, soit une pente de 15 km, dont les derniers 5 avaient une inclinaison de 15 % ! On se rend vite compte qu’on a besoin de très peu pour être heureuses et encore une fois, nos réflexions d’écolos penchent constamment vers la société de consommation qui nous entourent et dans laquelle on échappe momentanément lors de ce voyage à vélo.

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Finalement, il est aussi extrêmement intéressant d’expérimenter le fait que les villes, les routes, les panneaux routiers, enfin TOUT est conçu pour les voitures. Les « accotements » en bordure de la route où nous pédalons sont souvent en asphalte de moins bonne qualité que celui utilisé pour la route principale et sont souvent moins entretenus. Par contre, on croise aussi des villes qui sont très proactives sur l’intégration de pistes cyclables dans leur urbanisme, comme les villes de Whistler et de Banff, où nous avons eu le plaisir de rouler sur de belles pistes fonctionnelles, directes et bien entretenues ! Chapeau à ces villes ! Il est toujours très inspirant de sentir cette inclusion des cyclistes dans la culture des déplacements quotidiens d’une ville.

Bref, il s’agit d’une expérience incroyable que de pouvoir traverser le pays de cette façon ! Prendre le temps d’aller à la rencontre des communautés locales et de percevoir les différences culturelles qu’on retrouve au sein de notre grand pays nous permet certainement de mieux les comprendre. Traverser ces paysages grandioses nous transporte aussi dans une espèce de méditation active constante, et nous fait prendre conscience de la chance que nous avons, tant d’habiter ce pays que d’avoir la santé et la capacité physique de le traverser à vélo !

Des ressources pour les cyclotouristes :

Site de Warmshowers
Site de Crazy Guy On a Bike regroupant des extraits de journaux de bord & commentaires sur les itinéraires

Le concept de consommation collaborative :

Définition consommation collaborative, Définitions marketing
La consommation collaborative : comment ? pourquoi ?, TV5 Monde
Reportage: Consommation collaborative : la révolution de l’économie ?, RFI



Porteur d'espoir 2017

Laurence Williams

C’est un voyage de coopération internationale réalisé au secondaire qui éveille Laurence aux causes sociales et environnementales. Originaire de Longueuil, elle étudie d’abord en sciences humaines, profil international, au Cégep Édouard-Montpetit. Puis, elle travaille pour Greenpeace et s’implique bénévolement durant six mois en Inde et au Sénégal. Étant initialement inscrite en Droit à l'université, son chemin bifurque au retour de son périple. Elle prendra finalement la voie du baccalauréat en études de l'environnement de l'Université de Sherbrooke. Au cours des dernières années, Laurence s’est investie dans de nombreux groupes citoyens, communautaires et écologistes, et les différentes expériences acquises lui ont permis de se forger un parcours aux couleurs de ses valeurs.

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